Claude Emery débourse annuellement près de 60 000 $ en prime d’assurances pour ses installations avicoles de Saint-Félix-de-Valois, dans Lanaudière. L’ampleur du montant s’explique par un choix de police assurant notamment la valeur à neuf de sa ferme. Malgré tout, il estime que cette décision a valu son pesant d’or lors d’un incendie en 2024
« C’était un poulailler de trois étages [que les assurances ont évalué] à 1,8 M$. Comme on dit, ne pas avoir eu [la remise à neuf] et avoir été mal couvert, je n’aurais pas eu ça. Mais la prime va avec, par exemple », dit l’éleveur, qui fera reconstruire un bâtiment modernisé cet automne. À la construction, en 1972, le poulailler valait environ 200 000 $. Le producteur s’est conformé aux augmentations annuelles de primes et aux demandes de remplacement d’équipements de l’assureur.
« La question, c’est toujours quelle prime tu es prêt à payer, et ça, c’est propre à chaque producteur, mentionne-t-il. Moi, je voulais être sûr de reconstruire sans m’endetter. Il y a ben des producteurs qui ne sont pas prêts à accepter ça, [qui ne peuvent pas se le permettre] ou qui ne veulent pas mettre l’argent là-dessus parce qu’ils pensent que c’est une dépense inutile. Ça reste personnel à chacun, mais j’en ai entendu plusieurs qui sont mal couverts, mais ils sont contents de la prime qu’ils payent. »
Comme lui, c’est pour éviter l’endettement post-sinistre qu’un couple de producteurs laitiers ne souhaitant pas être nommé a choisi ce type de couverture. Il a vu des membres de sa famille devoir s’endetter fortement après un incendie en raison d’une police qui ne couvrait pas la totalité de la valeur des biens de leur ferme.
La prime d’assurance du couple coûte plus de 104 000 $ par année, mais lorsque le toit de la fosse s’est effondré en 2018, l’assureur leur a donné un chèque de 400 000 $ au lieu des 250 000 $ que valait initialement l’infrastructure.
Astuces pour atténuer les coûts
Le vice-président de Gosselin courtiers d’assurances, Serge Gosselin, confirme qu’en raison de l’appréciation des actifs à la ferme, le fait d’assurer « adéquatement » un bâtiment agricole est plus dispendieux pour les producteurs. Il existe toutefois des astuces pour atténuer les coûts : augmenter le montant de la franchise, ou encore bonifier la police avec des offres groupées de l’assureur, qui offre par exemple le paiement de frais ou des dépenses qui ne seront pas comptabilisés dans le montant de l’assurance. « Regardez où vous faites réellement votre revenu et assurez-vous que c’est assuré adéquatement », recommande celui qui cumule 45 ans d’expérience en assurance agricole. Il insiste aussi sur l’importance de réviser annuellement les montants assurés. « C’est rendu tellement dispendieux de rebâtir qu’il faut surveiller les montants comme il faut », dit-il.